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 Chapitre V

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Elwin
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MessageSujet: Chapitre V   Dim 13 Mar - 18:44

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L'homme est comme un ange en danger.
MC Solaar.

Trois jours avaient passé, le froid avait envahi la vallée, l’enveloppant d’un nuage glacé.
Nous avions travaillé depuis comme des forcenés.
A plusieurs reprises, nous avions épluché chacune des coupures de presse qui étaient parues ces deux derniers mois concernant de près ou de loin, les crimes et disparitions qui s’étaient déroulés dans la vallée.
Evidemment, il nous était tout à fait impossible d’en tirer de quelconques conclusions ni même d’éventuelles explications mais nous avions le mérite d’avoir mis de l’ordre tout en menant un travail en profondeur.
Nous avions décidé de définir clairement les attributions de chacun. En nous séparant le travail et en établissant franchement les tâches à accomplir pour chacun, nous pensions procéder au mieux.
J’étais fortement étonnée de constater que nous formions d’ores et déjà, une équipe.
Len qui avait proposé de se charger des recherches menait une enquête de fond allant des disparitions aux crimes en passant bien entendu par les agressions qui avaient été perpétrées.
Il se montrait passionné, prenant à peine quelques minutes pour déjeuner avant de retourner se jeter tête la première dans le monceau de paperasses étalé devant lui.
Nick lui, s’il n’en était pas moins intéressé par sa tâche, se montrait plus mesuré. Il avait décidé de se préoccuper principalement des disparitions qui avaient été soulevées par la police locale.
Sept au total.
Avec l’aide de Len, il s’efforçait de dresser le portait détaillé de chacun des disparus en passant au peigne fin leur état civil, leur histoire, leur passé.
C’est ainsi que nous pûmes découvrir qui se cachaient derrière les identités de Ashley Joerling, Barbara Carter, Tyler Hagan, Leah Walsley, Jayden Griessler, Lucas Gaspinski, et Jeremiah Zwolinski.
Rose, avait passé des dizaines de coups de téléphones afin de se procurer témoignages et rapports de police.
Cette dernière ne semblait pas très coopérative, aussi avait-elle essayé de faire intervenir diverses personnes afin de plaider notre cause.
Elle avait pu néanmoins s’entretenir avec quelques proches des personnes disparues et de celles qui avaient été assassinées. Cela permit à Nick d’avancer son étude et m’aida à progresser dans la mienne.
C’était une fille terriblement attachante, elle prenait soin de chacun de nous.
Sa présence rendait notre tâche moins pénible.
Tandis que Maggie s’évertuait à recouper les informations que nous lui donnions afin de tenter d’établir liens et similitudes, mes propres investigations qui se rapprochaient de celles de Len, se rapportaient aux crimes atroces et aux agressions terribles qui avaient été commis.
Trois personnes avaient en effet fait l’objet d’attaques d’une sauvagerie rare, les laissant pour mortes, au coin d’une rue, dans la forêt, en plein jour comme à la nuit tombée.
Loin d’en faire des choux gras, quelques coupures de presse avaient donné quelques détails sur Kyle Lowell, Johnny Oshea et Pamela Mccool.
Kyle Lowell et Pamela Mccool avaient été retrouvés très grièvement blessés à huit jours d’intervalles dans la forêt.
Johnny Oshea avait lui, apparemment été abandonné moribond dans une ruelle de la ville, sans doute en pleine nuit, il ne fut découvert qu’au petit matin.
Tous trois avaient un point commun : leurs blessures ne laissaient entrevoir aux médecins des hôpitaux de Calgary et d’Edmonton qu’une issue fatale.
Inconscients, dans le coma et sous respirateurs artificiels, leurs jours étaient comptés.
Immanquablement lors de ces évènements aucun parallèle ne fut fait. La faute à pas de chance avait- on certainement pensé. Nul n'avait accepté de concevoir que l'horreur dans toute sa puissance s'abattait sur la ville. Le déni de tout ceci l'avait emporté et ni la presse écrite ni les médias télévisés ne soulevèrent l’éventualité d’un quelconque lien entre ces affaires.
Kyle Lowell était décédé de ses blessures, seize heures après avoir été admis en soins intensifs et ce dans la plus grande ignorance.
Puis l’inquiétude avait grandi très vite quand les disparitions s’étaient succédées et que la mort de trois personnes fut avouée par les autorités. Les gens commencèrent alors à murmurer certains mots, ne les prononçant pas trop fort de peur certainement qu’ils ne s’avèrent que plus vrais et plus effrayants encore.
La crainte et l’appréhension avaient rapidement gagné du terrain sans toutefois encore que cela ne fasse la une des journaux. Du moins pas les premiers jours.
Mais la situation était grave, l’angoisse terrible et oppressante, aussi les médias commencèrent à s'y intéresser de plus près.
Cela n’aurait ni surpris ni inquiété certaines populations mais ni la ville de Jasper, ni même la Columbia Valley, n’étaient habituées à pareille vague de violence.
Nous prenions chaque jour d’avantage la mesure du climat inquiétant qui s’établissait à Jasper et ses environs.
Que se passait-il ici, dans ce petit paradis sauvage qui, mis à part par le froid, n’était jamais troublé par rien ?
Nous ne pouvions pour l’instant affirmer que tous ces actes de violence et ces disparitions étaient liés entre eux mais tout comme nos patrons l’avaient senti, nous en étions instinctivement convaincus.
Sans tomber dans la paranoïa, nous commençâmes à faire attention à sortir du journal à deux au moins lorsque la nuit était tombée et les rues désertées. Le couvre feu semblait avoir été déclaré.
Ma petite expérience m’avait démontrée que sans avoir peur de tout, deux précautions valaient mieux qu’une.
Bizarrement, ma mésaventure ne m’avait pas traumatisée, je ne passais pas mes nuits à me repasser ces instants d’angoisse où ma vie semblait suspendue entre les mains de cet homme menaçant.
Je ne pouvais en revanche, pas affirmer la même chose de celui qui était intervenu ce soir là et qui, tel un héro de bande dessinée avait flanqué une déverrouillée magistrale à mon agresseur, me rendant par là même ma liberté.
Je ne parvenais pas à l’ôter de ma mémoire, son souvenir étant encore trop frais dans ma tête, ses yeux et son sourire s’accrochaient à mes pensées.
Je mis mon état sur le compte du choc que cette soirée là avait du me causer même de façon inconsciente et tentai de me persuader que les sentiments que m’inspiraient cet homme étaient le reflet de ma simple reconnaissance.
Après tout, on ne vous sauve pas la vie tous les jours.
Ce soir là, Rose, Maggie et moi quittâmes notre travail à dix neuf heures trente.
Trop absorbées, les aiguilles du temps avaient tourné sans même que nous nous en aperçûmes.
Rose s’était emmitouflée dans une grande cape noire, seuls ses longs cheveux bouclés rouge se
distinguaient dans l’obscurité.
Maggie elle, avait enfilé un bonnet de trappeur qui recouvrait son crâne et ses oreilles, dépareillant totalement avec sa tenue citadine.
Le look qu’elle affichait nous tordit de rire Rose et moi, nous donnant un peu moins froid.
J’habitais ici depuis peu et c’était le premier automne que je passais à Jasper.
Je n’étais point acclimatée à de telles températures et même si certains hivers étaient
particulièrement rigoureux sur New York, ici rien n’était comparable.
Alors que nous riions de tout notre soul, je sentais l’air me claquer le visage.
Je rabattis mon caban, chaque muscle de mon corps se contractait sous le vent glacial qui venait s’y engouffrer.
Nous accompagnâmes Rose chez elle, elle habitait à quelques rues de là, puis Maggie et moi allâmes retrouver ma voiture.
Je mis le chauffage à fond, priant intérieurement pour que notre habitacle se réchauffe rapidement alors que mes doigts se crispaient sur le volant.
Nous étions arrivées en face de la maison de Maggie à l’ouest de la ville que celui-ci
déclenchait à peine.
— Les vieilles bagnoles….On a le temps de se congeler sur place avant qu’elle ne chauffe un peu, pestai-je en claquant des dents.
— Tu sais, elle aura au moins le mérite d’avoir tenu le coup ici. C’était pas gagné, les vieilles voitures ça n’aiment pas le froid en général.
— C’est sur. Parfois je me crois en Sibérie ! Tu me diras, c’est un peu plus joli qu’en Sibérie, et plus vert aussi !
Rose m’observait avec un air entendu.
— Tu te plais bien ici, ça se voit, me dit-elle.
— Oui, c’est vrai. Je ne pensais pas m’acclimater aussi vite. Mais tout ici est charmant, la ville, ses environs, c’est tellement sauvage, dense, beau, que je m’en émerveille encore et puis, les gens aussi sont charmants ici.
Elle rit à mon clin d’oeil.
— Bon allez à demain, me lança-t-elle en me donnant un baiser sur la joue. Rentre bien.
— A demain Mag. Bonne nuit.
Sans m’en rendre compte, je m’étais permis cette familiarité. Je remis la première, le moteur
tournant encore et je filai chez moi.
Le brouillard avait enveloppé la petite ville d’un voile épais, je dus régler ma vitesse en fonction de la visibilité.
En rentrant je croisai quelques voitures qui roulaient à une cadence plus soutenue, leurs conducteurs étant sans doute plus habitués que moi aux mauvaises conditions climatiques.
Quoi qu’il en soit, une quinzaine de minutes plus tard, je me garai dans l’allée de graviers.
J’étais arrivée à bon port.
Je tournai la clé dans la serrure et passai la porte machinalement, pressée de me réchauffer et de me retrouver chez moi.
Nonchalamment, je fis tomber mon sac de mon épaule et le jetai nonchalamment avec les clés sur le meuble en pin de l’entrée.
J’allumai la lampe qui y était posée, me déchaussai avant de me jeter sur le canapé accueillant en cuir noir du salon qui me tendait ses bras.
Alors que la pression de la journée s’évacuait peu à peu, je me décidai à monter à l’étage me faire couler un bain afin de la chasser définitivement.
Je ne m’en rendis pas compte immédiatement.
L’ordre que j’avais laissé derrière moi le matin même en partant travailler régnait encore. Je regardai autour de moi sans savoir réellement en quoi consistait ma quête puis gagnai la salle de bains.
Quelque chose me chagrinait, impossible de déterminer ce dont il s’agissait.
Je pris mon bain, l’eau bouillante me délassa encore plus que ce que je ne l’aurais cru et tout en me laissant réconforter par le contact apaisant de l’eau, soudain mon sang ne fit qu’un tour.
Je m’éjectai de la baignoire, dégoulinante, m’enroulant rapidement dans la serviette que j’arrachai à son portant, dévalai les escaliers à toute vitesse manquant de glisser, et me postai là au milieu du salon.
En un éclair, mes yeux se portèrent un peu partout.
Et alors que j’essayai de me reprendre, cela me revint.
Ce matin, alors que j’allais sortir, j’avais décidé à la dernière minute d’abandonner ma veste en cuir trop légère, pour un manteau, bien plus chaud.
Je l’avais glissée sur un cintre, dans le placard de l’entrée qui refusait de se fermer.
Trop pressée j’avais enfilé mon pardessus et avait filé.
En face de moi se trouvait le placard, impeccablement refermé.
Pas moyen de me raisonner, je m’en rappelais parfaitement.
Je devais être lucide et me rendre à l’évidence : je n’avais pas touché à la porte de cette penderie et si je ne l’avais pas fait quelqu’un l’avait fait pour moi.
On s’était introduit chez moi.
Dans un geste de panique, je me ruai sur la porte d’entrée pour m’assurer de l’avoir
correctement verrouillée. C’était le cas. Mon coeur se calma un instant puis repartit de plus belle dans un rythme affolé.
Les pensées tambourinaient dans ma tête, essayant malgré tout d’y mettre un peu d’ordre, je m’emparai de mon sac à mains.
Quelques jours plus tôt, je l’avais laissé choir sur le sol, dans un parc, pensant que cela pouvait me sauver la vie. Je me dis que certainement, dans l’affolement, des papiers contenant mon identité, mon adresse même, avaient pu en tomber sans que je ne le remarque.
Sans ménagement, je le vidai complètement sur la table afin d’en faire l’inventaire. D’un geste rapide de la main j’étalai devant moi son contenu.
Les trois quarts des choses auraient eu leur place dans une poubelle, vieux paquet de kleenex et de chewing-gum, stylos publicitaires qui n’avaient sans doute jamais correctement écrit, une quinzaine de briquets…
Mes papiers se trouvaient habituellement dans mon portefeuille, je l’ouvris avec empressement et constatai qu’ils n’avaient pas disparus.
Pièce d’identité, permis de conduire, carte d’assurée sociale….rien ne manquait à l’appel.
Pendant quelques instants je fermai les yeux pour mieux me concentrer. Non, je ne voyais absolument pas ce que j’avais pu égarer qui aurait pu conduire quelqu’un jusqu’ici.
On ne m’avait pas suivi non plus, j’en étais certaine. Le chemin conduisant chez moi aurait eu vite fait de me laisser apercevoir un véhicule.
Je rattrapai d’un geste mon drap de bain qui manqua de s’étaler sur le sol, faisant un demi-tour sur moi-même, j’allai décrocher mon téléphone.
D’une main tremblante je composai le numéro de Maggie.
Elle me proposa immédiatement de venir me rejoindre et après que j’ai décliné deux fois sa proposition, avait conclu notre conversation par un « j’arrive tout de suite » ferme et non négociable.
J’étais en train de remuer la maison toute entière afin d’établir ce qu’on avait pu me dérober qu’elle toqua à ma porte.
En moins de temps qu’elle n’avait mis pour me le dire, elle était là.
J’ouvris la porte et me jetai littéralement dans ses bras.
Nous passâmes une grande partie de la soirée à fouiller chacune des pièces afin de trouver ce qu’on m’avait volé.
Deux bonnes heures après que nous ayons commencé, j’en vins à la conclusion étonnante que rien n’avait disparu.
Maggie me fixa d’un air inquiet alors que je m’asseyais par terre, en tailleur complètement
déprimée.
— Tu devrais peut être appeler la police, suggéra-t-elle au bout d’un moment.
— Et tu veux que je leur dise quoi ? Que j’ai laissé mon placard ouvert ce matin et que je l’ai retrouvé ce soir fermé ? Que rien ne m’a été volé et mieux, qu’il n’y a même pas de marque d’effraction ? Ils ne vont pas me prendre au sérieux, et pire, ils vont me coffrer pour démence.
Elle souffla, concluant sans doute que je ne me trouvais pas très loin de la vérité puis s’assit en face de moi, imitant ma position.
— Ecoute c’est peut être un gosse… Tu avais sans doute mal verrouillé ta porte en partant ce matin. Cela m’arrive fréquemment, je crois que j’ai fermé ma porte à clé et le soir quand je rentre, je me rends compte que non, elle est restée ainsi toute la journée.
— Peut être, admis-je. Par mesure de précaution poursuivis-je, demain je ferai changer les verrous.
— Voilà tu as raison, sage décision, cela te tranquillisera.
Je n’étais pas dupe. Elle n’était pas convaincue. Ni de ses propres propos, ni des miens.
D’ailleurs, moi non plus.
La soirée se trouvait sérieusement entamée. Maggie décida de passer la nuit ici, ce qui me soulagea un peu.
Elle prétexta la fatigue et la nuit pour ne pas prendre la route mais je savais bien, au fond de moi, qu’elle restait pour me rassurer.
Ce soir là, alors qu'elle s’étendait dans le canapé lit que je lui avais déplié dans la chambre d’amis située à côté de la mienne et qu’elle s’enroulait dans la couverture de laine, je m’efforçai de relativiser les idées noires qui s’entrechoquaient dans ma tête, m’empêchant de me calmer.
« Trop d’émotions rapprochées », me murmurai-je à moi-même, frissonnante malgré la couette qui me recouvrait.
L'angoisse m’étreignait à m’en étouffer mais épuisée, je sombrai peu à peu dans le sommeil, toujours emplie de pensées inquiétantes. Ces sommeils tourmentés je les connaissais bien. Ils avaient fait de mes nuits une habitude.
On dit pourtant du sommeil qu’il constitue la meilleure façon de s’évader.
Quand le jour s’est montré intraitable et qu’il ne nous a rien épargné, la nuit alors on peut oublier et tout recommencer. Quand la lumière s’éteint, libre, on peut décider de ses rêves et de ce qu’ils vont contenir. On peut les imaginer et les vivre à volonté. Notre liberté est si grande qu’on a le choix du début et qu’on peut aussi décider de la fin.
Et à chacune de ces journées que l’on ne voudrait pas vivre, se succède une nuit où le sommeil rend plus douces voir même plus belles, parfois, nos existences pour lesquelles on ne maîtrise rien. Dans nos rêves, on peut devenir plus dignes, meilleurs et plus forts. On peut revoir pour une heure ceux qui nous ont désertés. On choisit qui, on dit quand, on décide de tout.
Ces instants de grâce où l’on revoit le visage de ceux qui nous manquent tant, ces morceaux de vie que l’on réinvente sans commettre les mêmes erreurs, ces moments d’espoir et de bonheur enivrants, on ne les doit qu’à la nuit et à la chance qu’elle nous offre de pouvoir supporter le jour quand il reviendra.
Mais il y a aussi ces nuits bordées de silence où le noir engloutit nos songes et ce qu’ils ont de plus beaux. L’illusion est brisée, nos envies les plus fortes, balayées par la réalité qui revient sans qu’on l’ait rappelé.
De nouveau on se retrouve dominés, asservis. Nos pires souvenirs reviennent à la charge, au triple galop, nous percutent de plein fouet sans que l’on n’y puisse rien. Tout comme le plus merveilleux des rêves, ils peuvent se rejouer cent fois. Cent fois, ils nous culbutent et nous font tomber, en douleur.
Moi, je revoyais cet homme aux yeux mauvais s’amuser à me faire du mal. Je me souvenais parfaitement de son allure et de son visage. Les expressions affichées, sa façon de me regarder et celle de se déplacer. C'était stupéfiant de constater combien la photographie était nette.
J’imaginais alors quelqu’un, une silhouette, s’introduire chez moi. Je la voyais rôder dans chacune des pièces, me tenant derrière elle, je ne distinguais que son dos. Mais je pouvais deviner la noirceur dans ses yeux et tout le mal qu’ils contenaient.
Ma nuit était aussi effrayante que ne l’avait été ce jour là. Mais, dans cette obscurité totale et écrasante, au loin, apparut une lueur étincelante.
Elle était éblouissante et rassurante. J’eus presque la sensation qu’elle me réchauffait. Je vis les ombres de ces hommes disparaître peu à peu dans les ténèbres qui elles-mêmes allèrent en s’émourrant. Je finis par ne plus les distinguer du tout. Demeurait seulement cette clarté apaisante et réconfortante. Je l’observais comme si elle me délivrait un message que je comprenais, comme si nous nous connaissions. Puis, son éclat se fit moins intense et j’eus le sentiment que mon rêve prenait fin.
Je désirais tant deviner ce qu’elle cachait avant qu’elle ne me quitte tout à fait. Je sentis que je m’agitais, me débattant avec le temps qui m’était compté. Le halo de lumière se dispersa pourtant tandis qu’une plainte harmonique s’élevait dans l’espace. Toujours endormie, entamant le chemin qui voulait me ramener à la conscience, je bâtis mes paupières comme des ailes de papillons. La lumière revint de nouveau. Plus intense, plus proche, elle jaillit et m’aveugla.
Sous mon regard brouillé, la boule de lumière incandescente éclata et se dispersa.
Ses yeux bleus brillants, étincelants comme deux diamants s’écrasèrent alors sur les miens en me renvoyant leur lumière. Je me réveillai en sursaut, ses paroles envahirent ma tête. " Tu ne risques plus rien".

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*

source: grandioses-metamorphoses.vefblog.net

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